Interview de Paul Hermé

Publié le par JA

Nous avons réalisé l'interview de notre ami Paul Hermé, Journaliste chez Planète corrida. Ce dernier vous propose un petit bilan de la temporada.

1 / Malgré la langue bleue, on peut dire que la temporada a été d’un bon niveau alors que les aficionados appréhendaient cette année taurine. D’après vous, quel bilan peut on tirer ?

 - Chaque temporada est une conjonction d’événements, de satisfactions comme de déceptions, et il est toujours très hasardeux d’en tirer un bilan, sinon il faudrait au moins vingt-cinq pages pour être le plus complet possible ! A titre personnel, je ne dirais pas que la langue bleue n’a pas été un handicap car même si l’on a vu de bonnes choses, certains élevages ont cruellement fait défaut chez nous. Cela dit, il est incontestable que cette saison a été marquée par l’éclosion de Sébastien Castella après ses succès madrilènes…

 2 / Coté toreros, les Français ont occupé les premiers postes. Quelles sont les impressions que vous ont laissé les toreros suivants : 

- Stéphane Fernandez Meca

- Juan Bautista

- Denis Loré

- Sebastián Castella

- Julien Lescarret.

- Meca a su s’arrêter au bon moment après avoir donné le meilleur de lui-même devant des toros de respect, Jean-Baptiste a effectué un retour prometteur qu’il lui devrait confirmer cette année, Denis a encore étalé une maestría qui devrait l’amener encore plus loin, Castella s’est hissé au niveau des meilleurs et je pense qu’il peut encore affirmer sa position et son poder cette année, enfin Lescarret a été malchanceux en voyant sa temporada freinée par une blessure alors qu’il était sur une pente ascendante. Mais n’oublions pas les autres, et sans excès de chauvinisme, on peut globalement être fiers de tous nos toreros nationaux, sans oublier bien sûr le blé qui lève… 

3 / En novillada, il y a eu Mehdi Savalli. Un jeune qui bouscule pas mal de novilleros de sa génération, non ? 

- C’est exact. Mehdi a su imposer sa personnalité dans de nombreuses arènes qui comptent et à mon avis, il n’est plus très loin de l’alternative car il n’a plus grand-chose à prouver à l’échelon inférieur.

4 / Côté ganaderías, les Français ont pu s’exprimer peut être plus que les années précédentes. Les Blohorn en Arles, les Gallon de Nîmes, Laugier lors de la concours en Arles, les Yonnet, et les Tardieu… Comment voyez vous le niveau ganadero français actuel ?

- En nette progression. Cela est dû en grande partie au sérieux et au professionnalisme qui a permis à la plupart des éleveurs d’aller de l’avant en faisant notamment le bon choix dans les produits importés. Les résultats sont probants… mais n’oublions pas que langue bleue ou pas, le cheptel français est très limité, quantitativement parlant. Cela étant, il est très réconfortant de voir les empresas faire appel à eux pour insérer leurs lots dans les ferias les plus importantes.  

5 / Les ganaderos espagnols ont eu des succès plus dispersés en France cette année. Quel aura été le lot qui pour vous a été le meilleur cette année, celui qui vous a transmis le plus d’émotion ?

- El Pilar à Nîmes car trois ou quatre toros ont été d’un excellent niveau et d’une grande caste, chose assez rare de nos jours. J’avais eu la chance de me rendre chez l’éleveur, Moíses Fraile, quelques temps avant cette corrida de Nîmes, et croyez-moi, dans l’humilité qui le caractérise, il était très soucieux et pas du tout assuré du résultat ! Mais permettez-moi de lancer aussi un cocorico avec notamment les Yonnet d’Arles et les Margé de Saint-Gilles…

6 / En quelques mots, pour vous :

- Quel a été le plus grand moment d’émotion de la temporada en France ? – Les adieux de Meca. Ça n’a pas été la meilleure saison de Stéphane, mais sur le plan émotionnel, je retiens pas mal d’images fortes.

- Morante, un retour mitigé ou convaincant ? Pour moi, convaincant, surtout après avoir assisté à sa corrida de Barcelone fin septembre. 

- El Fandi, leader du toreo, ou leader des compteurs ? – Les deux ! Ce n’est pas ma tasse de thé mais il faut reconnaître ses mérites. Je me souviens de sa blessure de Jaén (bras déchiré) au cours d’une corrida à laquelle j’avais assisté et ce qu’il a fait l’en dernier à Granada laisse pantois. Un torero qui a des c… mais qui a du mal à passer la rampe chez nous. 

- El Juli, un torero hors norme ou une Figura artiste ? – Un grand torero qui a un pouvoir énorme sur les toros. 

- Le triomphateur de la temporada : El Cid ou Castella ? Ni l’un, ni l’autre, ou alors les deux ! Mais le Cid a connu une baisse de régime et Castella devra confirmer cette année, ce dont il est fort capable.

- Javier Conde : La fin du conte de fée, ou un artiste qui recherche son inspiration ? – Un artiste hors du commun qui m’a souvent provoqué la chair de poule. On aime ou l’on n’aime pas, moi j’aime, je ne m’en cache pas et je fais partie de ceux qui savent attendre et parfois souffrir pour mieux savourer les moments de grande musique ! 

Publié dans actualite-taurines

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