Castella en Pole Position

Publié le par JA

Pole Position.

Alors qu'un long été attend toutes les figuras, il est de bonne augure de bien débuter cette "temporada" dans la temporada. Les corridas vont s'enchaîner à une vitesse incroyable, et les kilomètres vont être avalés par ces derniers de manière stupéfiante. Mais peut-on se plaindre de cela ? Non, on ne peut pas s'en plaindre car lorsque l'on est torero, ce que l'on veut, c'est toréer, toréer et encore toréer. Comme le disent les toreros, le pire toro est celui qui ne sort pas...

Ainsi, Sébastien Castella débutait hier un long été qui, au vue des ses précédents triomphes ainsi qu'à celui d'hier, on peut penser, sera triomphal lui aussi. Sur un chemin de gloire, le torero Bitterois a affirmé une fois de plus hier à Alicante, qu'il était LE torero qui attirait, le torero qui avait du pouvoir, le torero qui "apuesta para ser figura" (qui se présente pour devenir figura).

Personne ne pourra nier avec quelles dispositions Sébastien s'est présenté hier dans les Arènes d'Alicante. Il est venu "a por todas" comme l'on dit dans le jargon (pour tout donner). Ne serait-ce que la réception au capote du premier adversaire de Juan Pedro Domecq. Le toro, trés bien fait, a humilié et répété au capote avec classe, mais il y a quelque chose qui ne lui convenait pas. Certainement un problème de vision ou qui sait ... Dans tous les cas, les aficionados, et le torero en premier, ont pu remarquer que le piton gauche réagissait de manière bizare.

C'est lors d'un quite par Gaoneras qu'il mit le feu dans les gradins tant il fut juste, et serré. Il fut tellement sérré que le torero fut avisé une première fois. Et comme on le connait, il se remit dans le même sitio. Et ... Lors d'un pecho réalisé à une main, rématant la série, le toro lui infligea une voltereta impressionante. Le Maestro Jose Antonio Capuzano vint à la rescousse, tout comme ses compagnons, mais Sébastien fit semblant de ne rien avoir, et revint à la charge. Vaya que Verdad.

Curro Molina banderilla avec une classe "inconfundible". Un véritable récital, une mise en scène parfaite fut le moteur d'un triomphe imparable. Comme d'habitude, Sébastien alla au centre et reçut  Le Juan Pedro avec deux cambios por la espalda et une passe de las flores, qui furent, au dela de la peur quelles transmirent, exceptionnelles de par la justesse et le pouvoir qu'il imposa. La faena alla a menos jusqu'aux avant dernières séries lors desquelles il réalisa des muletazos sur le coté gauche magnifiquement déssinés. Avec une élégance et un temple exquis il offrit ces muletazos au toro de Juan Pedro qui ne s'était pas totalement livré à cause de ce problème de "vision". De plus, il exigeait beaucoup pour le torero, ce qu'il sut parfaitement faire.

Il tua d'une estacada foudroillante, qui méritait à elle seule une oreille alors que le public en demandait une seconde. Aprés l'oreille coupée par le Fandi, qui n'avait que peu de poids, celle de Sébastien parrut un peu dévalorisée mais bon ...

Son second toro, de Parladé fut trés rebrincaito, et sans classe. Sébastien repartit une fois de plus avec énormément d'envie et arriva à tirer en fin de faena une série exceptionnel, le toro totalement inhibé, complétement soumis alors qu'avant il protestait. Quel pouvoir, quel poder...  Le torero bitterois fut récompensé par une oreille et put s'offrir une grande porte méritée.

La première corrida de la "temporada" seconde, fut donc une grande réussite et triomphale. Maintenant il reste les gros morceaux avec Bilbao, San Sebastian, Valencia, Pamplona, ... A ver.

Ensuite venaient, et il me semble assez normal de les mettre dans le même sac, Rivera Ordoñez et El Fandi. Leur style venait un peu à l'encontre du style appliqué de Castella, mais le cartel était ainsi.

Parlons tout d'abord de Rivera Ordoñez qui eut à mon avis une actuation contrastée. Il se montra trés juste, templé et professionel avec un bon exemplaire sorti en première position, noble, mais qui manquait de transmition. Il le toréa sans l'obliger beaucoup, en ligne droite, et dessina la meilleure série du trasteo sur le coté gauche, en fin de faena. Rarement nous l'avions vu toréer autant despacio, autant relajado ... Ensuite, nous avons vu une deuxième facette du torero, plus vigoureux, posant les banderilles, avec plus ou moins de réussite, faisant la suerte du téléphone .... et échouant à la mort.

Aussi, avec son second toro, un jabonero dans le type de veragua, bien fait, et harmonieux, il toréa une fois de plus sans obliger le toro, muletazos par muletazos, de face,  en ligne droite, mais le manque de force du toro ne lui permit pas de triompher. Il se pega un verdadero arrimon qui montra sa disposition, mais malhereusement  le tout retomba rapidement, échouant une fois de plus à la mort.

Enfin, parlons du Fandi. Le Fandi a, certes, coupé un nombre important de trophée sur ses terres, mais a laissé passé plusieurs toros à Madrid, et fit de même hier à alicante. Un excellent toro de Parladé fut laissé sur le bord de la route par le torero Granadino. EN ce moment le torero est excellent aux banderilles, forme de véritables lios, mais la tauromachie est actuellement basée sur la faena et on ne donne pas les oreilles sur un travail réalisé aux Banderilles. Donc ... Espérons que le torero sera dans une autre "passe" dans quelques temps sinon cela risque de lui couter ...  

Publié dans actualite-taurines

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