MANO A MANO

Publié le par JA

Alors que la tauromachie Française atteint son apogée grâce notamment aux exploits

de Sébastien Castella et à la constance des excellents toreros que sont Denis Loré ou Juan

Bautista, la relève suit les traces de ces personnages. Ces hommes ont permis à certains de

créer leur aficion et de vouloir suivre leurs pas. C’est le cas de Tomasito, un jeune espoir Arlésien.

Annoncé sur les affiches de la Féria du Riz d’Arles, le jeune apprenti torero nous livre sa

manière de voir et de découvrir le Toreo. C’est dans une rencontre poignante et assez émotionnante

qu’il nous raconte avec une sincérité surprenante son arrivée dans la tauromachie

et ses premiers pas.

- Être torero, est-ce un rêve ou un objectif ?

Je ne pense pas, parce que dans ce milieu très peu réussissent.

Si tu pars avec cette idée « d'objectif » cela veut dire que tu te sens capable, que tu connais déjà

beaucoup de choses.

Moi je le considère comme un rêve car c’est quelque chose qui me suit depuis que je suis tout petit.

J'ai toujours eu cette passion et je considérais comme un rêve, l'envie de faire comme les grands dans

leurs costumes et dans des arènes devant beaucoup de monde. Donc, pour moi, être torero c’est

avant tout un rêve.

- A ton age, les jeunes s’amusent et font autre chose que toréer. Être novillero

cela entraîne des responsabilités, et il faut s’entraîner durement. Alors, comment

vois tu ton engagement pour ta passion ?

Le milieu des toros un milieu particulier. Au début quand tu rentres dans ce milieu

et que tu commences à toréer tu as l’impression d’aller à un tournoi de football.

Après, au fur et à mesure que tu avances dans le milieu, tu te rends

compte que cela devient important. Et tu dois donner de l'importance à ce que

tu fais.

A propos de l’entraînement, c'est vrai qu'il faut s'entraîner tout comme les

footballeurs s'entraînent pour être au top niveau, mais il faut aussi se mettre

dans la peau d'un nouveau personnage...

Quand tu es dans l'arène tu dois être quelqu'un d'autre, tu as des responsabilités

et tu ne veux pas décevoir. Et pour cela tu dois tenir un engagement régulier,

vivre tout le temps avec ça. On peut dire que, même a notre age, notre

passion fait partie de notre vie.

- Quand on voit le parcours de tes prédécesseurs comme Mehdi Savalli, ou Marco Léal, quelles illusions

a-t-on ?

Oui c'est vrai qu'ils ont tous deux ouverts des portes pour l'école taurine

d'Arles

Tout d’abord tu ressens beaucoup de fierté et tu as envie de faire comme

eux, mais la pression est grande et tu dois te montrer à la hauteur...

Comme tu as peur de décevoir les gens, et bien il te faut tout donner et non

pas recopier Marco Leal ou Mehdi.

Chacun à une personnalité différente… Après seul le futur pourra nous en

dire plus, mais pour l’instant je fais tout pour arriver à donner le maximum.

- Parlons maintenant plus précisément de ton arrivée dans la tauromachie et de ce que cela a impliqué

pour toi. Quels ont été les facteurs qui ont fait tout d’abord que tu sois aficionado et ensuite que tu

veuilles entrer dans la peau du Torero ?

Alors là c’est une question difficile pour moi (rires). Je crois que ça fait très longtemps

C'est en regardant une émission de « face au toril » qui avait été consacrée à Nimeño II. Je ne me

laçais pas de la regarder. Je passais mes journées entières à remettre cette cassette.

Après je ne sais pas trop. Je pense que mes parents en savent plus que moi (rires à nouveau)

- Comme je viens de te le dire dans la question précédente, devenir torero, c’est en quelque sorte entrer dans

la peau d’un torero. Te sens tu différent lorsque tu es devant le toro ? et Comment vois tu le

« combat » qui t’oppose à cet animal que tu aimes ?

Il est certain qu'il faut se mettre dans la peau d'un torero. Tu rentres

dans la peau de quelqu’un de différent, mais quelqu’un qui te

fait ressentir une autre émotion. Pour être plus précis tu restes

toujours le même sauf que l'émotion te fait ressentir des choses

différentes, par exemple, en marchant vers le toro, en l'appelant

Je ne considère pas la tauromachie comme un combat mais plutôt

comme une sorte de danse à deux...

Un torero doit faire ressortir les qualités du toro, le mettre en

valeur et ne faire qu'un seul mouvement à deux... en quelque

sorte se sentir en osmose avec le toro. C’est donc pour cela,

qu’en tant que torero je vois cela comme une « danse ».

 

- Comment ont réagi tes parents quand ils on su que tu voulais être torero, et quelles en sont les conséquences

au niveau familial ? Je suppose que cela implique une participation importante de tes parents

non ?

On en vient à mes parents (rires).

La première fois que je leur est annoncé que je voulais être torero, je devais avoir 2 ans et

il me semble que ma mère avait répondu « mais oui mais oui pas de problème » (rires)

En fait, dans sa tête elle se disait que ça allait me passer et je suppose qu’elle me répondait

« oui » pour ne pas me dire « mais tu es fou…! »

Pour la participation financière je déteste qu’ils fassent des achats alors depuis qu'ils m'ont

mis un compte en banque vers l'age de 10 ans. Pourquoi je parle de cela, car en fait, depuis

que je torée, je l'utilise pour acheter ce qu'il y a de nécessaire comme le chapeau, les

bottes, ou le costume de campo etc...

Mais je n'aime pas cette image du fils à papa. Je préfère me débrouiller avec ce que je fais

et ce que j’ai. Je pense qu’avant tout, pour toréer il faut être responsable, et à mon niveau

bien sur, je veux assumer les responsabilités qui me concernent.

Alors c'est vrai que lorsque je peux partir quelque part pour toréer en Espagne ou ailleurs,

je préfère y aller sans mes parents, vivre les choses par moi-même, découvrir des choses

me débrouiller seul…

Après c'est vrai, mon père étant à la retraite, il me mène souvent m’entraîner etc… Il ne

faut pas oublier tous les efforts qu’ils font pour moi, et je les remercie beaucoup pour tout

ce qu’ils font.

- Aujourd’hui tu participes à ta première temporada en novilladas sans picadors. Comment

as-tu vécu ta présentation en piquée qui s’est déroulée à Saint Martin de Crau ? et

quels ont été les moments clefs de ta temporada ?

J'ai effectué ma première Novillada sans picadors le 30 avril 2006 à Saint Martin de Crau

Quand à Chateaurenard, en juillet 2005, c'est le premier endroit ou j'ai vêtu le costume de

lumière en becerrada sans mise à mort.

Ma présentation en novillada sans picadors, je l'ai vécu avec beaucoup de nouvelles sensations… Ce sont

des choses difficiles à expliquer.

Au cours de la temporada 2005, je ne considère pas certains moments plus que d'autres, car, lorsque tu es

novillero sans picadors ou becerrista, tu dois te donner à fond dans chaque arène où tu vas toréer, que ce

soit dans une portative ou dans une grande arène. Il faut avoir le même état d'esprit et cela, je pense que

c'est aussi important pour des jeunes que pour des figuras.

- Cette année tu vas toréer beaucoup en France mais surtout en Espagne. Par exemple au mois d’août tu seras

à Malaga. D’où proviennent ces contrats et avec quelle ambition les affrontes tu ?

Oui c'est vrai. Cette année je vais connaître les novilladas sans picadors en Espagne, c'est une première.

Et c'est grâce à l'école taurine que les jeunes de celle ci peuvent aller dans des arènes telles Malaga. Pour

moi c’est un grand rendez vous, avec beaucoup de responsabilités, mais comme je l’ai dit tout à l’heure,

nous avons des responsabilités dans toutes les arènes, quelle que soit leur catégorie.

- D’autres jeunes de l’école Taurine d’Arles ont des rendez vous important cette année comme Joselilo ou Marie

Barcelo. Quelle ambiance règne t-il au sein même de l’école ? Et à Propos de la jeune novillera Marie

Barcelo, comment vois tu le combat d’une femme et le fait d’être Torera ?

Tous les jeunes de l’école s’entendent très bien. Il y règne une très bonne ambiance, et entre les entraînements, il

n’y a pas que des conversations sérieuses, des fous rires, comme tous les jeunes ont.

Quant à Marie, c'est vrai que ça fait toujours bizarre de voir une

fille dans ce milieu, mais je crois que c’est sont choix, et que ça

apporte quelque chose à la Tauromachie. Les femmes ont un autre

regard, une autre sensibilité, et à mon avis, c’est un atout.

Certes Marie est une fille, mais ce n’est pas parce que c'est une

fille qu'il faut la négliger, ou l’oublier.

Je crois qu'elle a prouvé qu'elle était tout à fait capable de faire

comme les nous les hommes et même mieux.

Sur ce, je souhaite à tous les élèves l'école taurine d'aller le plus

loin possible. Dans tous les cas, il faut savoir que ce n’est ni la

couleur de peau ni le sexe qui fera que l’un arrivera plus haut que

l’autre, nous avons tous nos chances.

- Enfin je vais te poser quelques questions auxquelles tu pourras répondre

rapidement :

Quel est ton torero modèle ?

Cesar Rincon

Ta couleur préférée pour les costumes ?

Bleu et or

 

Une ganaderia ?

Aucune pour le moment.

Superstitieux ?

Non, pas spécialement

Le pire moment pour un torero ?

Le moment qui précède le paséo, mais aussi lorsque l’on échoue à la mort.

Que fais tu avant de toréer ?

Le soir de la corrida je vais promener mon chien (rires)

Ta meilleure expérience dans le toreo ?

Ma première épée

Ta pire expérience ?

Une Capea dans une arène portative.

Nous te remercions pour t’être livré et te souhaitons énormément de chance et de réussite dans ta passion.

Cette expérience toute nouvelle dans le toreo est une belle preuve d’ambition et d’engagement car de nombreux

efforts sont réalisés par tous ces jeunes passionnés qui vivent pour une chose principale : leur Aficion.

 

Publié dans actualite-taurines

Commenter cet article